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SANCTIONS CONTRE ISRAEL : DES IDEES TOUTES PRÊTES !

wurtz-l-humanite-dimancheL’inertie de la « Communauté internationale » face à l’agression israélienne contre Gaza est d’autant plus insupportable que les principaux dirigeants occidentaux s’activent dans le même temps pour punir les coupables, à leurs yeux,  d’autres violations du droit international qui, pour être graves, ne sont pas comparables aux crimes perpétués par le pouvoir israélien depuis des décennies contre le peuple palestinien : occupation, colonisation, annexion de Jérusalem, crimes de guerre répétés ! Sévérité d’un côté, impunité de l’autre. Illustration de ce « deux poids, deux mesures » inacceptable :

Le G7, qui réunit , entre elles, les puissances concernées au premier chef, annonçait le 4 juin dernier sa « décision d’imposer des sanctions sur des personnes ou des entités qui ont soutenu activement ou participé à la violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et qui menacent la paix, la sécurité et la stabilité en Ukraine ». Ce club des défenseurs du droit précise même qu’il agit « en accord avec (une) résolution de l’Assemblée générale de l’ONU »…

Le Président Obama a résumé à maintes reprises la raison d’être de cette fermeté: « Ce que nous attendons , a-t-il-martelé, c’est que les dirigeants russes se rendent compte que leurs agissements en Ukraine ont des conséquences, non seulement l’affaiblissement de l’économie de la Russie mais son isolement diplomatique croissant ». Et pour les responsables européens, les mesures prises visent à « mettre fin à la violence » et à appliquer un plan de paix !

Il suffit de remplacer dans toutes ces belles déclarations le mot « Russie » par celui d’ « Israël » pour mesurer l’incroyable hypocrisie et l’indigne lâcheté des prétendus « grands » de ce monde.

Les sanctions prises dans le premier cas peuvent servir de rappel très concret de ce qui serait -pour le moins- immédiatement faisable dans le second. Qu’on en juge : la suspension de la coopération militaire; le blocage des avoirs et l’interdiction de séjour aux Etats-Unis de 11, puis 31,  puis 48, puis 61, puis 72…dirigeants de grands groupes, de banques ou de personnalités influentes proches du Premier responsable de l’Etat « puni »; l’interdiction faite aux hommes d’affaires américains de commercer avec les entreprises en question; la révision des conditions d’exportation vers le pays sanctionné d’équipements de haute technologie pouvant avoir un usage militaire; le blocage de l’accès au marché des capitaux européens; le gel de tous les programmes menés par la Banque Européenne d’ Investissements dans le pays en question; la dissuasion des investisseurs étrangers afin d’accélérer la fuite des capitaux du pays visé…Bref,  pour Washington comme, désormais, pour l’Union européenne, il s’agit de resserrer l’étau autour du coupable désigné pour en faire « un paria » (dixit David Cameron) sur la scène mondiale.

Peut-on accepter sans réagir que les propres artisans de ce « kit » de mesures graduelles , à terme fort dissuasives, continuent, par ailleurs, à couvrir diplomatiquement, financièrement et militairement un régime hors-la-loi ? Rappelons que l’Union européenne, non contente de refuser tout gel de l’Accord d’Association UE-Israël, a rehaussé substantiellement ses liens de coopération avec le régime Nétanyahou en 2012 dans plus de 50 domaines, dont l’énergie, les technologies, l’espace,l’informatique, les transports, la justice et la police !

Comment s’étonner,dès lors, que, dans de nombreuses régions du monde, s’exprime l’exigence d’un boycott citoyen jusqu’à ce que cet Etat respecte les règles imposées à tous les autres? Nétanyahou a qualifié en février dernier ce mouvement (BDS) de « menace stratégique » dont il craint une « délégitimation » de son régime. John Kerry lui-même l’avait annoncé il y a un an devant le refus obstiné de ce pouvoir, le plus réactionnaire de l’histoire d’Israël, de geler la colonisation: « le gouvernement (israélien) devra vraisemblablement affronter un boycott international de plus en plus important ». Nous y sommes.

31 juillet 2014 at 7:41 Laisser un commentaire

LA LÉGION DU DÉSHONNEUR

Wurtz-L-humanité-dimanche

 

« Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces »(1). Ce monument d’hypocrisie restera comme un marqueur du quinquennat de François Hollande .Prise au pied de la lettre, c’est une phrase de bon sens, mais appliquée à son destinataire -le gouvernement Nétanyahou- c’est une inimaginable caution et un encouragement aveugle accordés à des personnages dangereux, connus pour être des faucons prêts à tout pour perpétuer l’occupation et la colonisation des Territoires palestiniens. Le Président français rejoint ainsi la Chancelière allemande et le Premier Ministre britannique parmi les leaders occidentaux qui peuvent méditer jour après jour l’étendue de la tragédie que « toutes les mesures » en question ont engendrée.BsrIwQKCMAAz7XB

Les uns et les autres auraient été dans leur rôle en condamnant les tir de roquettes sur Israël .A condition de mettre en perspective toute la chaîne des responsabilités qui a conduit à ce nouveau désastre et de faire clairement apparaître l’incommensurable disproportion des « menaces » évoquées ! La vérité, comme vient de le rappeler l’historien Ran Halévi, analyste reconnu de l’histoire politique d’Israël, c’est que : « Cela fait des mois que le gouvernement israélien est alerté sur la situation explosive dans les Territoires palestiniens : un processus de paix au point mort; une conjoncture économique précaire; l’accroissement spectaculaire des implantations; et pour finir, la multiplication des vexations et des exactions, souvent impunies, commises par des colons jusqu’au-boutistes » (2) . La vérité, c’est aussi que Nétanyahou a vu il y a peu sa stratégie de l’affrontement permanent contrecarrée par la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, la constitution d’un gouvernement de consensus , et surtout par la décision américano-européenne de reconnaître ce gouvernement et de travailler avec lui. Ouvertement révulsé par cette décision qui l’isolait sur la scène internationale , le chef de la droite israélienne était à la recherche d’un prétexte pour étouffer dans l’œuf cet espoir de normalisation. Aussi n’a-t-il pas hésité à instrumentaliser la tragédie de l’enlèvement et de l’assassinat des trois jeunes Israéliens pour justifier une nouvelle guerre, au risque de précipiter une implosion du Proche-Orient .

Voilà ce qu’ont délibérément passé sous silence les alliés européens du gouvernement le plus extrémiste de l’histoire de l’Etat d’Israël. Ce message de complaisance du Président français à l’un des pouvoirs les déstabilisateurs de notre époque se situe en quelque sorte aux antipodes du « discours de Pnom Penh » par lequel le Général De Gaulle signifia, en son temps, avec lucidité et courage, à son allié (américain) qu’il faisait fausse route en livrant à un autre peuple (viêtnamien) une guerre injuste et, quel que fût le déséquilibre des forces, perdue d’avance.

La France et l’Union européenne seraient bien inspirées d’écouter les voix qui s’élèvent en Israël même, à travers le fracas des bombes, contre les forfaits de leur gouvernement. Certaines d’entre elles sont des figures de toujours du camp de la paix ,comme Uri Avneri , pour qui « une extrême droite violente, dangereuse, a poussé à l’ombre d’un gouvernement qui est lui-même d’extrême droite ». D’autres sont plus surprenantes : ainsi Eli Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël à Paris… reconnaît aujourd’hui que « c’est notre incapacité à résoudre le problème palestinien qui constitue la principale menace pour notre sécurité », que « nous payons le prix de l’occupation, qui ronge notre ressort moral et obère notre avenir », et que « la paix sera imposée de l’extérieur ou ne sera pas » ! D’autres enfin , comme David Grossman , considéré comme l’écrivain le plus doué de sa génération, ne cachent pas leur meurtrissure face à ce que la politique de ses leaders a fait de leur pays, « une démocratie satisfaite d’elle-même, affichant des prétentions de libéralisme et d’humanisme, et qui occupe, humilie et écrase un autre peuple depuis des décennies » (2). Messieurs les dirigeants européens, réveillez-vous!

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(1) François Hollande à Benyamin Nétanyahou : entretien téléphonique du 9/7/2014.
(2) Ran Halévi (Le Figaro 10/7/2014); Uri Avneri (L’Humanité 10/7/2014); Eli Barnavi (Le Figaro 9/7/2014); David Grossman (Libération 9/7/2014).

17 juillet 2014 at 8:57 1 commentaire

EMOUVANT HOMMAGE A FERNAND TUIL EN PALESTINE

wurtz-l-humanite-dimanche« Fernand Tuil, qui a consacré sa vie à la solidarité, a voulu, après sa mort, reposer en terre de Palestine, parmi les réfugiés dont il a éprouvé la souffrance »: le Président Mahmoud Abbas a tenu à rendre personnellement hommage à notre regretté ami, co-président fondateur de l’AJPF (1). C’était samedi dernier lors d’une rencontre -retransmise à la télévision nationale- entre le leader palestinien et les dizaines d’élus français engagés dans ces coopérations atypiques qui avaient fait le déplacement (2). Ce geste exceptionnel fut le point d’orgue de deux journées et demie de rencontres chargées d’émotion, tant était large l’éventail des témoignages d’affection sincère pour celui qui « avait tout compris » du combat des Palestiniens pour leurs droits -y compris le « droit au retour » des réfugiés chassés de leur terre- selon les mots de Majed Bamia, jeune et brillant animateur de la campagne de solidarité en faveur de la libération de Marwan Barghouti et de l’ensemble des prisonniers palestiniens. Depuis les porte-parole des réfugiés jusqu’au Président,en passant par les milieux culturels palestiniens, plusieurs ministres, le plus emblématique des diplomates palestiniens, Nabil Shaat, des maires -dont celle de Ramallah qui a décidé de donner son nom à une rue de la grande cité de Cisjordanie- ainsi que le Consulat général de France à Jérusalem qui évoqua au sujet de Fernand et du travail accompli par son association le « respect » et la « fierté » qu’ils inspirent et même l’ « exploit » que représente cette « oeuvre qui nous oblige »…, tous rendaient compte d’expériences marquantes qui fondent leurs sentiments pour cet homme et le type d’engagement qu’il représente. De fait, toutes ces références de réfugiés à des coopérations concrètes jugées exemplaires -à Montataire (« 1er jumelage » entre une ville et un camp de réfugiés palestinien, Deisheh ); à Pierrefitte (1ère ville à faire de Marwan Barghouti  un citoyen d’honneur); à Stains et à Gennevilliers (qui ont permis la construction d’un conservatoire dans le camp d’El Amari et favorisé le développement d’une activité musicale qui touche aujourd’hui 3000 enfants de tous les camps de réfugiés) ; à des élus progressistes de Bretagne et des Pays de la Loire (qui furent à l’origine d’une aide technique et financière déterminante pour mettre sur pied la plus grande coopérative agricole de Palestine , près d’Hébron )…avait de quoi impressionner! Ces coopérations révèlent tout le potentiel  créatif que représente la population de ces camps de réfugiés , ainsi que leur intelligence politique née de la confrontation permanente aux problèmes les plus cruciaux de l’occupation. Merci à tous ces élus qui contribuent sans bruit à cette forme de libération humaine.

Cette sensibilité du peuple palestinien en général a également été illustrée par le soin particulier mis à aménager le petit jardin du camp de Deisheh  qui était destiné à accueillir les cendres de notre défunt ami : l’urne reposera au pied d’un olivier vieux de 800 ans et « symbole de paix », à côté d’un figuier de Barbarie, »symbole de patience », et d’un cactus, »symbole de résistance »…C’est aussi symptomatiquement le beau musée consacré au poète national Mahmoud Darwich qu’a choisi la municipalité de Ramallah pour tenir la cérémonie d’attribution du nom de Fernand Tuil à une rue de la ville. Et c’est sous la forme d’un concert offert par de jeunes artistes issus de camps de réfugiés que le Centre Al Kamandjati de Ramallah (dont l’objectif est d’ouvrir des ateliers de musique pour les enfants les plus démunis de Palestine ) a voulu remercier l’AJPF pour les instruments collectés en France , et que le groupe d’élus vient de leur remettre: « Nous refusons la normalisation de la Palestine, nous luttons pour nos droits » a souligné le responsable de l’association. Ce combat est aussi le nôtre.

———-
(1) Association franco-palestinienne pour la promotion des jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises.

(2) Le groupe d’élu-e-s était conduit par Patrick Le Hyaric ,député au Parlement européen et Jean-Pierre Bosino,Maire de Montataire

5 juin 2014 at 7:00 Laisser un commentaire

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