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LES INCENDIAIRES PASSENT AUX AVEUX

wurtz-l-humanite-dimanche            L’un après l’autre, les « ténors » de l’Union européenne passent , d’une certaine manière, aux aveux sur l’impasse dramatique où nous a conduits leur politique d’austérité draconienne. Le premier à sembler battre sa coulpe fut José-Manuel Barroso. Le président de la Commission, jusqu’alors adjudant-chef zêlé dans la chasse aux « déficits excessifs », reconnaissait le 22 avril dernier que « cette politique a atteint ses limites » faute de « bénéficier d’un minimum de soutien politique et social ».

Le très orthodoxe président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ne fut pas longtemps en reste. Le 2 mai, il est allé jusqu’à réclamer des « mesures immédiates » en faveur de la croissance et de la création d’emplois. « Prendre ces mesures » lui parait même subitement « plus urgent » que tout le reste. En effet, confesse le coordinateur de toute la stratégie d’ « assainissement des comptes publics » mise en oeuvre sous l’égide des Chefs d’Etat et de gouvernement : « Après trois ans de combats, la patience à l’égard de l’austérité est pratiquement épuisée ».

Et voilà que Jean-Claude Juncker, qui fut, jusqu’à ces dernières semaines, le « patron » de l’Eurogroupe (qui réunit les ministres des finances de la zone euro), s’épanche à son tour sur les conséquences , non plus seulement sociales mais politiques , gravissimes, des choix austéritaires des principaux dirigeants de l’UE tout comme des humiliations désastreuses qui les ont accompagnés. Dans un entretien au magazine allemand « Der Spiegel », il s’alarme ainsi, particulièrement au sujet de la Grèce et de l’Italie, de la renaissance du « ressentiment national » -notamment dirigé contre Berlin- en des termes qui frisent l’affolement: « ceux qui croient que la sempiternelle question de la guerre et de la paix en Europe est derrière nous risquent de se tromper lourdement » diagnostique l’ex-leader de la zone euro, qui va jusqu’à oser un parallèle entre « le contexte européen de 2013 » et celui de…1913 ! On ne peut dresser plus implacable acte d’accusation contre ce qu’est devenue une construction européenne dont la première raison d’être officielle fut jadis de rendre à jamais impossible toute guerre entre ses peuples et ses Etats!

Serions-nous donc face à une prise de conscience salutaire, prélude à une révision déchirante des politiques poursuivies jusqu’ici ? Hélàs, non.  Si le réalisme impose un report des échéances pour atteindre les mythiques « 3% », la logique libérale est, elle,réaffirmée: celle de la « compétitivité » par la « baisse du coût du travail » , le rationnement des dépenses publiques et sociales , les « réformes structurelles » du marché du travail et du système des retraites…afin de « gagner des parts de marché » sur les partenaires de la zone euro.

Alors, rien de neuf ? Oh que si! Quand les dirigeants européens sont eux-mêmes contraints de constater qu’ils se sont gravement fourvoyés, ils perdent ce qu’il leur reste de légitimité pour continuer d’ imposer leurs vues comme « les seules solutions possibles ». L’heure est au débat citoyen sur les alternatives. L’Europe est décidément un enjeu trop important pour que les peuples s’en laissent désaisir.

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9 mai 2013 at 4:30 Laisser un commentaire

L’EUROPE SOLIDAIRE A RENDEZ-VOUS A ISTANBUL

         « Un autre monde est possible! »  Dix ans déjà que ce slogan, alors novateur, a commencé à rassembler militants de gauche et acteurs sociaux des cinq continents.  Depuis la chute du Mur de Berlin, le capitalisme se voulait triomphant et éternel.  Le rassemblement gigantesque contre la Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à Seattle (USA), en novembre 2009, donna le signal de la contre-offensive progressiste à l’échelle de la planète.  Dans la foulée, naquit l’idée d’un « forum social mondial » (FSM) comme réplique populaire au « forum économique mondial » de Davos – ce rendez-vous annuel informel des ténors du capital et de leurs principaux interlocuteurs politiques.  Le Parti des Travailleurs du Brésil, le « parti de Lula », proposa de tenir ce nouveau lieu d’échanges alternatifs à Porto Alegre.  Il proposa, dans le même temps, à notre groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE-NGL) au Parlement européen de constituer en commun un « Forum parlementaire international » au sein du FSM.  Ce qui fut fait.  Magnifique expérience alliant le sérieux des débats de fond à la chaleur humaine de la solidarité internationale.

          Au fil des ans, ce processus se diversifia, notamment en se régionalisant une année sur deux.  Ainsi, pour la sixième fois, se tient (du 1er au 4 juillet 2010) un « Forum social européen », cette fois symboliquement, à Istanbul, en Turquie, pour signifier qu’aux yeux des progressistes, ce pays a toute sa place en Europe – non seulement lors de l’euro de foot…, mais aussi pour l’organisation de la vie sociale et politique du continent!  Une fois encore, quelque 10 000 voix de cette Europe  solidaire que nous aimons vont se faire entendre sur des thèmes en rupture avec les orientations en vigueur: « Crise sociale et économique: résistance et alternatives »; « Des droits sociaux pour une Europe sociale »; « Quel type de démocratie? Promotion des droits civils et politiques »; « Contre l’Europe forteresse »; « L’égalité contre les discriminations.  L’alternative féministe »; « Sauvons la planète »;  « La paix contre la guerre » et notamment le rejet de l’occupation des territoires palestiniens; « la jeunesse : le droit à l’éducation, au travail et à un avenir »; « L’Europe et le monde: coopération et développement » etc…

          Naturellement, ce type de forum a une limite: il n’ouvre pas par lui-même de débouché politique.  C’est sans doute parce qu’une partie des progressistes qui se sont investis dans les premiers rassemblements de ce type espéraient en voir éclore quasi-spontanément cet « autre monde » dont la nécessité est si vivement ressentie qu’il en a résulté une forme de déception ou de lassitude qui s’est traduite par un affaiblissement du mouvement altermondialiste.  C’est que, pour transformer la société, dépasser le capitalisme, changer le monde, rien ne permet de faire l’économie d’un combat politique, en liaison avec les luttes sociales, organisé dans la durée, à l’échelle de chaque pays et en coopération étroite avec le plus de partenaires possibles d’autres pays, notamment au niveau d’une région structurée comme l’Union européenne.  Forums sociaux et combat politique sont complémentaires et doivent s’articuler.

          Aussi est-il heureux qu’à côté des mouvements sociaux et de réseaux progressistes – comme « Transform » -, un parti politique tel que le PCF soit présent à Istanbul et que son premier dirigeant y débatte des « réponses politiques à la crise ».

1 juillet 2010 at 3:31 1 commentaire

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