IL EST URGENT DE RAPPELER DE GRANDES CAUSES « OUBLIEES ».

Jusqu’au 9 décembre prochain se tient la Conférence internationale sur le climat, à Durban, en Afrique du Sud.  Un sursaut mondial est nécessaire pour que soient mises en place des politiques de transition vers un nouveau mode de développement permettant d’atteindre l’objectif que la communauté internationale s’est fixé à la Conférence de Copenhague en 2009 et à celle de Cancun en 2010: ne pas dépasser un réchauffement climatique de deux degrés en 2020 par rapport à 1990 – considéré comme un seuil au-delà duquel les  risques explosent.  Dans l’immédiat, le plus urgent est, au minimum, d’obtenir une relance du protocole de Kyoto (1997-2012) pour une nouvelle période d’engagements contraignants, ainsi que la mise en œuvre effective du « Fonds vert » destiné à permettre aux pays du sud -en première ligne face aux extrêmes climatiques – de se prémunir contre ces dangers monstrueux.  Or, à ce stade, Durban est,en particulier du fait de la scandaleuse intransigeance américaine, loin d’être assurée d’un succès, même minimal.  Dans ce contexte, l’Union européenne se doit de travailler à la plus large alliance possible pour peser.  Cela n’est, pour l’heure, pas du tout le cas.

Bien plus critiquable encore fut son attitude à la récente Conférence internationale de Busan, en Corée du Sud, sur l’efficacité de l’aide au développement (29/11 -1/12/2011).  La « Haute Représentante pour les Affaires étrangères », Catherine Ashton, n’a même pas daigné faire le déplacement (contrairement à Hilary Clinton!).  C’est dire combien sa responsabilité est grande dans le résultat final: diminution sensible de l’aide (à cent lieues des fameux 7% du Produit intérieur brut promis depuis des lustres) et recours accru au secteur privé comme source de financement du développement…

Que dire, enfin, du silence assourdissant observé par les dirigeants européens face au martyre imposé par des pouvoirs dictatoriaux avec lesquels l’Union européenne entretient des rapports privilégiés.  On connait ici l’attitude insoutenable d’Israël à l’encontre du peuple palestinien.  Je veux insister aujourd’hui sur le cas du régime d’Erdogan en Turquie vis à vis des 25 millions (!) de Kurdes de Turquie. Une récente initiative du PCF réunissant quelque 150 hommes et femmes kurdes à Paris, parmi lesquels des élus, des journalistes d’investigation et des parents de victimes de la répression féroce de l’armée turque, a donné lieu à des témoignages bouleversants sur un conflit dramatiquement sous-estimé en Europe: arrestations massives; tortures; crimes de guerre; persécutions des militants et des élus (36 députés élus en juin dernier!) du BDP, coupable de défendre le droit des Kurdes à parler leur langue et de prôner une autonomie démocratique du Kurdistan turc (dans le cadre de la Turquie).  Or, autant le Parlement européen a su, en son temps, manifester sa solidarité à ce peuple intrépide, notamment en accordant le « Prix Sakharov » à l’une de ses figures emblématiques, Leila Zana, autant l’Union européenne officielle place aujourd’hui sa relation avec l’homme fort de la « puissance émergente » en passe de conquérir un nouveau leadership au Moyen Orient au-dessus de ses « valeurs ».  Il est temps de crier fort la vérité des faits.

8 décembre 2011 at 3:58 Laisser un commentaire

À ce régime -là, les citoyens se révolteront

Dans un éclair de lucidité,Jean-Pierre Jouyet,président de l’Autorité des marchés financiers (le « gendarme de la Bourse »),affirmait récemment -après que ces fameux « marchés » ont réussi à propulser leurs hommes à la tête des gouvernements grec et italien- qu’ « à terme,les citoyens se révolteront contre cette dictature de fait. » Cette prédiction peut aussi s’appliquer à la réforme des traités européens ou au super-pacte de stabilité qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy veulent nous imposer. Ils envisageraient,en effet,de confier à la Commission européenne des pouvoirs exorbitants en matière budgétaire et économique au détriment des parlements nationaux et des gouvernements actuels et à venir.

La Chancelière allemande a comparé ces éventuels nouveaux pouvoirs à ceux que l’éxécutif bruxellois exerce d’ores et déjà pour faire respecter la libre concurrence,domaine dans lequel la Commission n’a à consulter ni le Parlement européen ni les gouvernements pour prendre ses décisions. Et quelles décisions! Deux exemples pris dans l’actualité récente sont éloquents à cet égard.

Le premier concerne Sea France,une compagnie de ferries assurant la liaison Calais-Douvre. Il s’agit d’une filiale de la SNCF que la concurrence,notamment d’Eurotunnel, a mis dans une situation critique.Les 880 emplois en CDI et les 200 emplois saisonniers étant en grand danger et le pavillon français risquant de disparaitre du trafic transmanche,la maison-mère décida d’accorder à sa filiale un prêt de 100 millions d’€.Afin de ne pas être accusée de favoritisme par Bruxelles,la SNCF fixa le taux d’intérêt de son prêt au niveau auquel l’aurait fait « le marché »,soit…8,55%! Peine perdue: la Commission a interdit le prêt. La SNCF étant une entreprise publique,elle n’est pas en mesure de prouver « que les investisseurs croient en la viabilité future » de Sea France! Dès lors,il s’agit d’une « aide d’Etat » illégale.

Second exemple: Volkswagen. Il existe une loi allemande protégeant ce fleuron ,anciennement public ,de l’industrie du pays contre toute prise de contrôle par un groupe étranger.Pire,toute délocalisation d’usine de production nécessite une décision du Conseil de surveillance du groupe,à une majorité des deux tiers.Or,les représentants des salariés y totalisent la moitié des voix… Ces dispositions sont « contraires au principes de libre circulation des capitaux »vient de rappeler Bruxelles. L’Allemagne s’obstinant à en conserver certaines,la Commission vient de saisir la Cour de Justice à y mettre fin. Elle a,dans le même esprit ,laissé un mois au gouvernement italien pour abolir des « droits spéciaux »  accordant aux pouvoirs publics un certain contrôle sur de grandes entreprises stratégiques privatisées dans les secteurs de l’energie et des télécommunications.

Conclusion:si vous voulez voir la Commission européenne ( ou tout autre instance inaccessible aux citoyens)  acquérir le même type de pouvoirs,cette fois pour veiller à la « discipline budgétaire » et à la « surveillance macroéconomique » des pays membres, soutenez vite le projet Merckel-Sarkozy. Sinon,défendez plutôt le « programme partagé » du Front de gauche.

1 décembre 2011 at 9:30 1 commentaire

FEDERALISME : ANGELA MERCKEL MANGE LE MORCEAU

Depuis quelque temps déjà,un certain nombre de voix s’élevaient pour préconiser,comme solution ultime à la crise de l’euro,un « saut fédéral ».Le problème,avec ce genre de concept,c’est qu’il se prête à des interprétations multiples,voire contradictoires.A chaque évocation d’une telle perspective,l’on ne pouvait donc faire l’économie d’une longue périphrase du type: »si vous entendez par là une construction solidaire,ayant pour mission de contribuer au rattrapage des économies moins productives,dans une optique de co-développement,avec pour ambition commune la promotion d’un modèle social et environnemental avancé dans tous les pays membres,nous convergerons aisément! A ceci près qu’une telle conception est aux antipodes de l’ « économie de marché ouverte où la concurrence est libre » dont se réclament des chantres le plus véhéments du fameux « saut ».Il faut donc clarifier ce qui est réellement en jeu. »

Désormais,foin de toutes ces circonlocutions:la Chancelière allemande vient de dissiper toute ambiguité sur la nature de l’ « Union politique » qu’elle entend voir mise sur les rails.Devant le congrès de son parti,la CDU,elle a précisé les objectifs assignés à la « Nouvelle Europe » découlant de la réforme des traités qu’elle réclame avec force.Ils se nomment: discipline budgétaire plus stricte;surveillance macroéconomique accrue;moyens plus coercitifs pour faire respecter les règles;sanctions automatiques pour qui s’écarterait des normes;saisine de la Cour de Justice contre les contrevenants…Précision de taille:c’est à la Commission européenne -érigée au rang de quasi-gouvernement européen,avec un Président…élu au suffrage universel (!) et un super-commissaire chargé des finances- qu’il échoirrait le rôle de contrôleur et de redresseur de torts des autorités nationales ( comme c’est déjà le cas en matière de respect des règles de concurrence,avec les résultats que l’on sait).C’est ce qui s’appelle « manger le morceau »!

Apparemment,l’idée d’un transfert de souveraineté aussi colossal n’a pas eu pour effet d’émouvoir les députés conservateurs du Bundestag -habituellement si sourcilleux quant aux prérogatives de leur Parlement à la veille de chaque négociation européenne.Il est vrai que les règles appelées à devenir intangibles dans l’hypothèse où s’imposerait une telle « gouvernance économique intégrée » auraient beau être gérées par une Commission indépendante: elles obeïraient aux critères du capital allemand comme celles mises en œuvre par la Banque centrale européenne,elle aussi « indépendante »,sont ,pour l’essentiel,celles de la Bundesbank. « Maintenant,l’Europe parle Allemand! » a proclamé sous les vivats de ses collègues le président du groupe de la CDU. C’est dire combien est dérisoire la posture d’un Nicolas Sarkozy s’affichant en allié stratégique des dirigeants allemands,alors qu’il n’en est que le faire-valoir.

En vérité,la droite d’outre-Rhin entend tirer profit du statut privilégié qu’accordent à son « modèle » les sacro-saints marchés financiers.Elle est décidée à faire le forcing pour mettre en chantier SA réforme des traités européens.Dès ce 24 novembre,le « couple » (élargi au nouveau chef du gouvernement « technique » italien) donnera une sorte de « top départ » de ces grandes manoeuvres. La gauche européenne saura -t-elle donner aux citoyens les moyens de s’impliquer dans ce chantier majeur?

24 novembre 2011 at 4:27 Laisser un commentaire

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