Archive for décembre, 2010

REPONSE A UN AMI INTERNAUTE

Lors de la « Rencontre nationale pour un programme populaire et partagé » organisée récemment par le Parti communiste – et qui fut, deux jours durant, relayée par Mediapart -, différentes interventions ont suscité des réactions d’internautes (Ils étaient quelque … 6000 à suivre les travaux en direct!)  Parmi celles qui concernaient la contribution que j’y avais faite sur le thème « une politique de gauche est-elle possible à partir des réalités de l’Europe et du monde d’aujourd’hui? », une interpellation portait sur la conclusion de mon exposé: « Imaginons – avais-je dit – un gouvernement de gauche, en France, porté par un mouvement citoyen averti, qui déciderait, dans le contexte de crise actuel, de prendre le taureau par les cornes en ouvrant en grand le débat à l’échelle de l’Europe sur ce qui ne peut plus durer, sur ce qui doit changer!  Croyez-vous qu’il n’y aurait pas de réactions de la part des peuples en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Irlande et y compris en Allemagne?  Quel beau défi! »

Un internaute sur Mediapart, après s’être réjoui d’une perspective de cette nature, fit part de « trois doutes, quand même ».  Ils me paraissent mériter qu’on s’y arrête collectivement, car ils touchent à des questions stratégiques inédites, particulièrement bienvenues dans une période de réflexion sur un « programme populaire et partagé ».

Premier « doute »: « on luttera contre le libre-échange, la libre circulation des capitaux, le système financier français libéralisé, seulement si nos partenaires européens sont d’accord pour le faire avec nous? »  Ma suggestion visait explicitement à décider nous-mêmes d’ « ouvrir en grand le débat à l’échelle de l’Europe » en misant sur le fait qu’une telle initiative de la part d’un « gouvernement de gauche porté par un mouvement citoyen averti » libérerait des forces populaires dans nombre d’autres pays européens, rendant, de fait, le débat de fond incontournable à l’échelle des institutions aujourd’hui plongées dans une crise existentielle.  Autrement dit, oui, la lutte devrait s’engager, indépendamment de ce qu’en pensent les autres dirigeants européens.  Mais en même temps, cette lutte doit viser à gagner à l’action commune des mouvements populaires et des forces progressistes d’autres pays.  Car il faut, pour changer, construire un rapport de forces politique conséquent – mais que la profondeur de la crise rend aujourd’hui plus envisageable que jamais.

Deuxième question: « quel projet alternatif d’Union européenne pourrait être celui d’une institution démocratique? »  On ne répond pas à une telle interrogation en quelques lignes. Nous y reviendrons donc.  Disons simplement qu’une transformation essentielle à cet égard doit être la reconnaissance de la souveraineté populaire dans le processus de prise de décision européen.  Ce principe central est aujourd’hui nié par l’existence de centres de décisions majeurs – telle la Banque centrale européenne – totalement inaccessibles à toute instance émanant des citoyens; par la mise sous tutelle d’Etats en difficulté financière ou la prétention de la Commission de contrôler les budgets préalablement à leur examen par les parlements nationaux, et plus généralement par le contenu des traités qui imposent un modèle de développement (libéral), privant ainsi les peuples d’un choix démocratique fondamental.

Troisième interrogation: « Comment la France hausse-t-elle le ton si elle n’est pas écoutée?  Menace-t-elle de sortir de l’UE.  D’autre chose? Rien du tout? »  Voilà un beau sujet pour une (très) prochaine chronique.

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17 décembre 2010 at 1:52 Laisser un commentaire

VERS UNE GRANDE INITIATIVE EUROPEENNE

Le jeune « Parti de la  Gauche européenne » (PGE), qui réunit une trentaine de partis progressistes dont le PCF – et depuis peu les deux autres formations du Front de Gauche, le PG et la Gauche unitaire – vient, à l’occasion de son 3ème Congrès, à Paris, de décider le prochain lancement d’une grande initiative, sans équivalent, à ce jour, dans la gauche européenne.  Il s’agit de se saisir de l’instrument dit « initiative citoyenne », prévu par les traités européens: autrement dit de tenter de collecter jusqu’à un million de signatures sur une pétition adressée à la Commission européenne afin d’obtenir l’ouverture d’un débat public sur un sujet donné.

          Le sujet choisi en l’occurrence est la demande du PGE que soit créé – à l’opposé de l’actuel « Fonds européen de stabilisation financière » qui est une machine de guerre contre les peuples grec et irlandais (et d’autres demain…) et plus généralement, des plans d’austérité généralisés dans toute l’Europe, – un « FONDS EUROPEEN DE DEVELOPPEMENT SOCIAL ».  Ce fonds viserait à financer des investissements publics créateurs d’emplois, développant la formation et la recherche, consolidant et élargissant les services publics ou contribuant à la réalisation d’infrastructures utiles, par exemple dans le domaine de l’environnement. 

          Naturellement, le recours à une procédure prévue par le traité de Lisbonne ne signifie en aucun cas que le PGE approuve ce traité!  Le but recherché est, au contraire, de favoriser des mobilisations de citoyennes et de citoyens contre la soumission aux marchés financiers, autrement dit contre la logique des actuels traités européens.  C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a été convenu, au congrès du PGE, que ce Fonds de développement social ne devait surtout pas dépendre, pour son financement, des marchés financiers.  

          Plusieurs sources de financement alternatives ont été envisagées.  La taxation des mouvements de capitaux d’une part.  Elle s’impose mais ne suffit pas.  Et la Banque centrale européenne (BCE) d’autre part.  Comment cela?  La BCE a le pouvoir – illimité – de créer de la monnaie et de prêter cet argent à un taux et selon des critères qui relèvent de la volonté politique qui guide ces opérations.  Contrainte par la crise à aider des Etats en grande difficulté, elle achète, par exemple, en ce moment des titres publics pour des dizaines de milliards d’euros, afin de sauver la zone euro de l’éclatement.  C’est formellement interdit par les traités actuels – opposés à toute forme de solidarité financière dans la zone euro! –  La BCE se voit donc contrainte par les circonstances de violer les traités!  

          Eh bien, poussons cette logique jusqu’au bout mais dans une toute autre optique: que la BCE accorde durablement, par le biais de ce « Fonds de développement social », des prêts à taux très bas, voire nuls aux Etats membres, des lors qu’il s’agit d’investissements répondant aux critères évoqués plus haut – c’est à dire créant de la valeur au lieu d’alimenter les spéculations.  Voilà une campagne qui, bien préparée, argumentée et organisée à l’échelle européenne en liaison avec les luttes en cours, peut permettre enfin à la gauche de se hisser à la hauteur de ses responsabilités actuelles.  Bravo et plein succès au PGE!

11 décembre 2010 at 3:20 1 commentaire

GRECE, IRLANDE… URGENCE – SOLIDARITE !

L’Union européenne a « pour but de promouvoir le bien être de ses peuples (et) d’établir entre eux une union sans cesse plus étroite »: cette phrase des traités européens illustre bien le fossé qui ne cesse de se creuser entre les images d’Epinal dérisoires censées décrire l’actuel modèle européen et les sombres réalités des politiques effectivement mises en œuvre au nom de l’ « Europe». Le calvaire imposé au peuple irlandais, après celui déjà infligé au peuple grec, est, à cet égard, un scandale qui ne doit pas rester sans réaction! Pour mesurer ce que représente le fardeau du plan dit de « sauvetage » pour cette population d’à peine plus de 4 millions d’habitants, il faut rappeler ce que cela signifierait, en proportion de la population respective de chacun des deux pays, pour la France.15 milliards d’ « économies » en l’espace de quatre ans, c’est l’équivalent de 200 milliards d’euros pour notre pays ! C’est à dire pas loin  du budget annuel de l’Etat.25 000 emplois supprimés dans la fonction publique reviendrait à rayer de la carte quelque 330 000 postes publics en France. Etc…Et ce plan d’austérité est le troisième en trois ans. »War on the poor » (guerre aux pauvres) titrait fort justement un quotidien de Dublin.

Mais le plus incroyable, c’est qu’il se soit trouvé des dirigeants européens qui, à l’instar de M. Trichet, le patron de la Banque centrale européenne, avaient prédi que le peuple irlandais accepterait sans coup férir cette provocation sociale doublée d’une humiliation nationale. Les fortes mobilisations des Grecs avaient été mises sur le compte de l’atavisme protestataire des Méditerranéens. Mais les traditions du Tigre celtique se révèleraient tout autres, empreintes de pragmatisme et de capacités à s’adapter et à rebondir…La seule chose dont il y avait lieu de se préoccuper était de « rassurer les marchés». La règle à calcul aidant, cela voulait dire faire passer les déficits publics de 32% (!!) des richesses nationales (du fait du renflouement de banques privées en faillite)aux mythiques 3% en quatre ans.  De la folie furieuse qui ne peut émerger que d’esprits pour lesquels les personnes, la vie humaine sont des variables d’ajustement. Seules sont incontournables les « inquiétudes » des « marchés ».

Mais les Irlandais ne l’ont pas entendu ainsi. Il sont descendus dans la rue aussi massivement, en proportion, que les Français. Ils ont sévèrement bousculé leur gouvernement qui avait accepté de se plier aux honteuses injonctions des dirigeants européens et du FMI. Ils ont engagé un courageux bras de fer avec les puissants, dont l’issue n’est pas écrite. Sur place, ils peuvent compter sur les syndicats et sur des forces politiques de gauche au premier rang desquelles figurent avec beaucoup de dignité nos amis du Sinn Fein. Mais cela ne suffira pas. Leur combat est celui de tous les peuples européens. N’a-t-on pas entendu la Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, préconiser, pour gérer la crise européenne, la création d’ « une autorité budgétaire centralisée, avec une indépendance comparable à celle de la Banque centrale européenne »?!N’attendons pas que la liste des pays-martyrs s’allonge et se rapproche pour réagir. La solidarité avec les peuples grec et irlandais est un devoir vis à vis d’eux et un besoin pour nous – mêmes.

2 décembre 2010 at 8:46 Laisser un commentaire

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