Archive for novembre, 2011

UNE EUROPE DEMOCRATIQUE EST-ELLE POSSIBLE ?

Un quarteron de puissants s’attribuant le droit d’humilier toute une nation,de placer sous tutelle ses institutions,de sommer son peuple de « choisir » entre la soumission et l’exclusion : le spectacle hideux qu’offre l’ « Union » européenne,aux prises avec la plus grave crise de son histoire,met une fois encore,et plus vivement que jamais,à l’ordre du jour la question de sa légitimité démocratique.

Mais qui donc dirige aujourd’hui l’ « Europe »? Le Conseil européen des Chefs d’Etat et de gouvernement? Ce serait en soi le fruit d’une super-délégation de pouvoir fort contestable. Mais tel n’est même pas le cas! En réalité,les rênes sont tenus par la dirigeante de l’économie la plus riche -cautionnée par le soutien inconditionnel de son fidèle allié, flatté de jouer ainsi dans la cour des grands- auxquels s’ajoutent le président « indépendant » de la Banque centrale et le coordinateur des ministres des finances de la zone euro. Le fait que la seule évocation d’un référendum mette ce petit monde en transe en dit long sur une pierre angulaire de leur construction: la peur des peuples. Ce n’est pas chose nouvelle. Depuis qu’ont été posés les premiers jalons de ce projet, les affaires de l’Europe ont été jugées trop sérieuses pour être confiées aux Européens. Ceux-ci sont traités en « consommateurs » et, le moment venu, en électeurs,bien plus qu’en citoyens. La « méthode Monnet » (du nom du principal « père de l’Europe ») consistait dès le début à éluder tout débat politique,à tenir les peuples à l’écart des choix cruciaux,à mettre en place un « engrenage » (spill over) conduisant subrepticement d’une étape à l’autre,le tout étant gravé dans le marbre de traités réputés intangibles…

Alors,une Europe démocratique est-elle possible et à quelles conditions ?En accordant plus de prérogatives au Parlement européen? Il est déjà co-législateur et peut utilement voir encore élargir ses compétences.Mais il  ne saurait à lui seul combler la carence rhédibitoire de cette construction en matière de démocratie, d’autant qu’il est tenu de respecter les traités… En impliquant effectivement et non symboliquement les parlements nationaux dans les décisions essentielles? C’est indispensable mais tout aussi insuffisant pour changer la donne en profondeur.

Le maillon manquant, ce sont les citoyens eux-mêmes, et il est décisif. La rupture radicale à opérer est bien de créer les conditions de leur intervention politique éclairée, comme en 2005,en France, mais de façon durable et non limitée à un seul pays. La profondeur de la crise du modèle libéral européen et la force des aspirations au changement dans toute l’Europe donnent à cette perspective une crédibilité absolument sans précédent. La question est:d’où peut partir l’impulsion d’un tel mouvement? Un gouvernement clairement de gauche, en France en 2012,pourrait prendre l’initiative de réunir des « Etats généraux de la refondation européenne » en y invitant toutes les forces politiques, syndicales et associatives disponibles en Europe pour dégager les axes majeurs d’un nouveau cours européen. Cette idée, familière aux lecteurs de cette chronique est désormais une proposition officielle du Front de gauche. Et un espoir de renouveau démocratique pour l’Europe.

10 novembre 2011 at 9:53 2 commentaires

DES BRECHES DANS LA FORTERESSE DE LA DOCTRINE LIBERALE

L’un des signes de la profondeur de la crise de l’euro,du modèle libéral européen et du capitalisme en général,c’est qu’elle fait voler en éclats des « certitudes » longtemps assénées avec arrogance par la classe dirigeante européenne.Celle-ci est contrainte d’admettre,sous la pression des événements et du climat social, des idées qu’elle rejetait naguère avec dédain.Exemples.

La taxation des transactions financières,hier « totalement utopique »,est aujourd’hui officiellement sur la table,à la fois par nécessité de trouver des ressources nouvelles et pour endiguer le vent de révolte populaire contre les inégalités structurelles du système actuel.Certes,ce sont là des changements symboliques,mais ils ouvrent une brêche dans la forteresse,jusque là réputée imprenable,de la doctrine libérale.

Autre exemple: l’interdiction des produits financiers spéculatifs.Réclamer une telle mesure passait jusqu’à ces derniers mois pour une preuve d’incompétence économique et de dogmatisme politique.Or voilà que Parlement européen et Conseil (représentants des gouvernements) s’apprêtent à prendre une décision en ce sens: il sera sous peu interdit dans l’UE de détenir des « CDS à nu ».Ce produit permet de spéculer sur l’effondrement financier d’un Etat pour toucher une prime d’assurance contre sa faillite sans même posséder de titres de sa dette ! Là encore,la mesure aura un effet limité,mais c’est la première fois qu’il est admis qu’on puisse interdire ce type de pratique.Cela donne un surcroit de crédibilité à l’action pour changer l’Europe.

Un troisième exemple a,de loin,la portée la plus conséquente. Il concerne le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) et met l’accent sur son pouvoir illimité de créer de la monnaie,donc de l’argent,sans aucun recours aux tristement fameux « marchés financiers » ni à leurs effarantes agences de notation. Depuis que la BCE existe, le PCF -et aujourd’hui le Front de Gauche et tout le Parti de la Gauche européenne- demandent la refondation des missions de cette institution-clé:son pouvoir de création monétaire ,disons-nous,doit permettre de financer à taux zéro et dans la durée des investissements publics de développement social et environnemental.Jusqu’ici, tous les « officiels » invoquaient les traités européens pour écarter toute forme de soutien de la BCE aux Etats.Or, voilà que N. Sarkozy en vient à proposer (au grand dam de Mme Merkel )que la BCE use de son pouvoir de création monétaire pour financer le « Fonds européen de stabilité financière »,autrement dit les Etats! Certes,son but à lui n’est pas le développement social mais le sauvetage des banques!Mais,à son corps défendant,il vient d’ouvrir la « boîte de Pandore » au sujet d’une refonte possible du rôle de la BCE -qui est au coeur de notre projet alternatif pour l’Europe.

« L’évolution historique de l’Europe dépend entièrement des leçons que nos démocraties tireront de la crise » vient de déclarer JC Trichet, le Président sortant de la BCE. C’est vrai.Les contradictions des dirigeants actuels,en plein désarroi,peuvent nous aider à éclairer nos concitoyens sur les « leçons » en question.

4 novembre 2011 at 10:40 1 commentaire

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