ZONE EURO : LA MAISON BRULE!

6 avril 2010 at 9:10 Laisser un commentaire

Le drame de la Grèce n’en finit pas de révéler les dangers que recèle la perpétuation de l’actuel modèle européen.  Ses principaux promoteurs n’hésitent plus à fouler au pied des principes constitutifs du projet européen.  On mesure chaque jour un peu plus l’urgence d’une relance d’un débat de fond sur un « nouvel ordre économique européen » (Voir H.D du 18/02/2010).  

Le recours au Fonds monétaire international (FMI) pour « aider » un pays membre de la zone euro -la Grèce – est, à cet égard, très symbolique.  Angela Merkel a imposé cette solution et tous ses collègues de l’ « Eurogroupe » s’y sont finalement pliés.  Or, que n’avaient-ils dit à ce propos, encore quelques heures avant de s’aligner. 

 Le Président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet en personne, y voyait une « humiliation », un « très très mauvais » choix « qui irait dans le sens de la déresponsabilisation des membres de la zone euro ».  Un éminent membre du directoire de la BCE, Lorenzo Bini Smaghi, estimait, lui, carrément, que le fait de laisser le FMI se mêler de nos affaires donnerait à l’euro « l’image d’une devise qui ne peut survivre que grâce à l’aide d’une organisation où les Américains et les pays asiatiques ont de plus en plus d’influence ».  Nombre de chefs d’Etat se sont eux aussi désolés de ce cinglant aveu d’impuissance politique.  Autant en emporte le vent…  L' »accord » Merkel-Sarkozy, confirmé jeudi dernier par tout l’Eurogroupe, appelle bel et bien à la rescousse l’institution financière de Washington.    Jusqu’alors, le Président français considérait qu’une telle intervention serait « un échec » de l’eurozone. A présent, il se félicite de voir « la zone euro prendre son destin en main » !

         Toutes ces tergiversations, ces voltefaces, ces compromissions auront-elles, à tout le moins, abouti à satisfaire la demande minimale du Premier ministre grec, à savoir la possibilité d’emprunter sur les marchés internationaux à des taux d’intérêts « normaux » les 15 milliards d’euros dont le pays a besoin dans le mois qui vient ?  Absolument pas!  L' »aide » décidée n’est disponible que dans le cas ultime où la Grèce n’arriverait plus à se refinancer sur le marché.  Pas question de court-circuiter les spéculateurs en prêtant l’argent à moindre coût.  Pire: alors qu’Athènes avait – à force d’écraser son peuple sous une avalanche de mesures d’austérité – « rassuré » le marché et obtenu un léger abaissement des taux  d’intérêt, ceux-ci se sont à nouveau envolés suite aux menaces de la Chancelière allemande de refuser tout concours financier!  Ses collègues de l’eurogroupe n’ont rien trouvé à redire.  L’Europe livre le peuple grec aux usuriers. 

         Dernière exigence de Berlin, elle aussi acceptée sans coup férir: le renforcement des « instruments de prévention et de sanction » contre les Etats fautifs.  Cette super-police budgétaire ne vise pas que la Grèce mais tous les suivants de liste désignés par les « agences de notation ».  Déjà a sonné le tour du Portugal -malgré les gages que son chef du gouvernement avait donnés aux « investisseurs » en annonçant un sévère plan d’austérité ainsi qu’une vague de 18 privatisations !  Que l’Espagne et l’Italie se préparent.  L’agence Fitch vient même d’avertir la France: elle pourrait « dégrader sa note », faute de mesures « plus crédibles » de réduction des déficits publics.  Une enquête d’opinion révèle qu’une majorité de citoyens de ces pays redoute de connaître le même sort que les Grecs. 

         C’est dire si nous gagnerions à développer le dialogue et l’action avec les mouvements sociaux et les forces de progrès des pays voisins et de l’Union européenne en général ! Et d’abord sur la question des questions: changer le pouvoir sur l’argent pour sortir de cette dépendance étouffante et paralysante des marchés financiers. Ce qui passe par un changement profond des missions de la BCE et un contrôle sur l’utilisation de l’argent, depuis les entreprises jusqu’a la Banque centrale européenne.

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