LES « BÂTISSEURS » FRANÇAIS DE L’EUROPE LIBERALE

16 janvier 2013 at 6:41 1 commentaire

wurtz-l-humanite-dimanche      « Ras-le-bol du diktat de Bruxelles! Sortons de l’Europe et ça ira mieux! » Qui n’a entendu ce type de réaction expéditive? Réaction compréhensible, tant est légitime l’exaspération suscitée par les politiques menées au nom de « l’Europe ». Mais réaction à courte vue, car ce qui est à combattre dans ces politiques n’est pas leur caractère européen, mais leur orientation rétrograde. Or,parmi les « bâtisseurs » de cette Europe-là, que de « poids-lourds » français! La bataille pour le changement se mène donc indissociablement sur les plans national et européen.

Pour juger de l’influence française dans cette UE, on se contentera d’un rapide coup d’oeil sur quelques hauts cadres de notre pays – talentueux et compétents,mais toujours « orthodoxes »- qui y ont exercé une responsabilité structurante en l’espace d’un quart de siècle, ou qui l’y exercent encore.

1985: François Mitterrand négocie avec le Chancelier Kohl l’accession de son ministre de l’économie et des finances, Jacques Delors, à la présidence de la Commission européenne. Celui-ci y restera 10 ans et y impulsera la grande relance libérale de l’UE: Acte Unique,Grand Marché, Maastricht, lancement du processus de la monnaie unique…Excusez du peu!

2003: Jacques Chirac négocie à son tour avec le puissant partenaire allemand le poste – qui ne cessera de grimper dans la hiérarchie des pouvoirs- de Président de la Banque centrale européenne pour celui qui fut, dix ans durant,le très libéral gouverneur de la Banque de France. Jean-Claude Trichet passera huit années décisives à la BCE, durant lesquelles l’ex-homme du « Franc fort » deviendra tout naturellement le champion de « l’euro fort ».

Dans l’intervalle, la classe dirigeante française réussit encore à « placer » l’un des siens, en 1999, au poste – moins médiatisé mais tout à fait crucial- de secrétaire général adjoint, puis de secrétaire général , du Conseil de l’Union européenne! Pierre De Boissieu avait été, auparavant, au sein de la Commission, étroitement associé à la préparation du traité de Maastricht. Désormais, il était chargé, au Conseil, de l’organisation des travaux des représentants des gouvernements, en particulier pour la mise en oeuvre du traité de Lisbonne. On pourrait encore citer Giscard D’Estaing, à qui l’UE confia la présidence de la « Convention » qui accoucha de feu- le traité constitutionnel…Certes, tous ces ténors français de l’Europe libérale sont aujourd’hui à la retraite, mais ils continuent de passer dans la « classe politique européenne » pour des artisans de premier plan de l’UE d’aujourd’hui.

Enfin, ne sous-estimons pas les responsabilités qu’y exercent, sous nos yeux, des Français , toujours dans le même esprit, même si chacun a sa personnalité propre. Au Parlement européen, le groupe le plus nombreux (PPE, droite: 265 députés !) s’est choisi un président français, Joseph Daul. A la Commission, Michel Barnier occupe le poste, stratégique pour les libéraux, du « Marché intérieur » et des services, notamment financiers. Au Conseil, la nouvelle fonction de « Secrétaire général executif » du Service diplomatique européen, a échu à un ancien Représentant permanent de la France à Bruxelles – au demeurant brillant- , Pierre Vimont. Quant à la BCE, son futur « Conseil de supervision », chargé de contrôler les grandes banques européennes, sera présidée par Danièle Nouy, aujourd’hui responsable du contrôle des banques françaises. Tout ce beau monde contribue à façonner « l’Europe » telle qu’elle est.
La question est bien de changer ET la France ET l’Europe !

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  • 1. vbjcdkjsckjsbkd  |  28 janvier 2013 à 9:36

    La « construction » européenne, ses traités et les règles de l’euro, ce sont la concurrence économique entre les pays, l’orientation économique vers l’exportation, la primauté du capital sur le travail, les reculs démocratiques, la compétitivité. Le « Pacte budgétaire européen », renommé « Traité » TSCG reprend et durcit les « critères de Maastricht » prétendant encadrer les déficits et dettes des Etats de la zone euro. Il reprend un système de contrôle au niveau européen.

    Les critères de Maastricht n’ont jamais été respectés et les dispositifs de sanction n’ont jamais été appliqués. Au cœur de la crise de l’euro, ils étaient disqualifiés les uns et les autres pour continuer à servir de prétexte aux politiques nationales d’austérité. Le TSCG, négocié en 2011, les remplace comme instrument politique au service des politiques des gouvernements nationaux en faveur du capital. Il représente un nouvel acte politique dans le sens d’une intégration budgétaire.

    Nous les communistes, nous ne pouvons que nous y opposer fermement. La victoire du NON au référendum de 2005 sur le projet de Constitution européenne rend l’ensemble des traités européens illégitimes à s’appliquer en France, dont ce nouveau TSCG.

    Notre parti ne peut pas participer à une recomposition politique « à gauche », canalisant l’opposition de classe à l’UE, pour mieux la relégitimer. Demander, vainement, un référendum sur le TSCG dévalorise gravement le NON de 2005 à l’ensemble des textes européens. Il serait grave que le PCF suive le second fer au feu de l’intégration européenne.

    Notre parti doit valoriser le NON de 2005, actualiser et développer, par des campagnes nationales et internationalistes, l’opposition croissante à l’UE. Si l’on juge que le TSCG représente une atteinte inacceptable à la souveraineté populaire, avec ses prétentions à contrôler les budgets nationaux, l’on doit combattre l’instrument économique essentiel que le capitalisme européen a mis hors d’atteinte de l’action des peuples : la monnaie avec l’euro.

    Combattre le TSCG et son application, les politiques d’austérité, passe par la remise en cause fondamentale de l’euro et d’Union européenne du capital.

    Il faut changer la France et l’Europe. Cesser de participer à la « construction » européenne est nécessaire pour enfin changer l’Europe.

    Réponse

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