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Droite, PSE et Verts unis pour le traité Merkozy !

L’Europe est décidément un élixir de vérité sur les grands choix stratégiques des différentes familles politiques.La dernière illustration spectaculaire de cette évidence date du 2 février dernier. Ce jour-là,le Parlement européen était appelé à se prononcer (informellement car il s’agit d’un traité intergouvernemental) sur le projet de traité cher à Angela Merckel et à Nicolas Sarkozy et visant à instituer une « règle d’or » contraignant durablement les gouvernements à respecter une sévère « discipline budgétaire » sous peine de se voir infliger des « sanctions automatiques ».

Dans ce cas,chaque groupe politique prépare en principe son propre projet de résolution exprimant sa position sur le sujet,avant de négocier,le cas échéant, un texte de compromis avec certains autres groupes ( aux positions compatibles avec les siennes) pour tenter d’obtenir une majorité des votes.Rien de tel ne s’est produit cette-fois-ci.

Incroyable mais vrai: le Parti Populaire Européen (PPE où siège l’UMP);les Libéraux (où siège le MODEM); le groupe des  » Socialistes et des Démocrates »; et le groupe des Verts ont fait cause commune en présentant d’emblée une résolution unique! Elle l’emporta évidemment,par 443 voix contre 124 et 75 abstentions. On y cherchera vainement,et pour cause, la moindre critique de fond de ce traité,qu’il s’agisse de son essence-même (l’abandon de toute ambition sociale et la pérénisation d’une politique d’austérité) ou des moyens prévus pour remplir ses « missions »(en particulier la violation d’un principe démocratique fondamental,en retirant aux parlements nationaux leur droit souverain de maîtriser le budget ).

Les quatre groupes en question tiennent même à mettre en exergue des « améliorations par rapport au texte initial » tel que « l’ajoût d’une référence aux objectifs (du traité) que représentent la croissance durable,l’emploi,la compétitivité et la cohésion sociale »(!) Ils n’hésitent pas non plus à rendre hommage au Conseil européen des Chefs d’Etat et de gouvernement pour avoir reconnu qu’il fallait « renforcer la solidarité ». Le seul « regret » explicitement exprimé est qu’il ne soit pas tenu compte…de la demande du Parlement européen que son président participe pleinement aux réunions informelles des sommets de la zone euro. On croit rêver.

Oui,vous avez bien lu:telle est la substance de la position commune du PPE,des Libéraux,des Socialistes et des Verts au Parlement européen sur le traité Merkozy! Courageux mais pas téméraires, la plupart des députés socialistes et verts français (campagne électorale oblige) se sont abstenus sur le texte co-signé par leur groupe.

Le seul texte alternatif fut celui de notre groupe de la « Gauche unitaire européenne » (GUE-NGL): celui-ci a rappelé les causes profondes de la crise; fustigé les gouvernements qui « ont accepté les diktats des marchés financiers »;souligné la « crise de légitimité » de l’Union européenne actuelle; »rejetté le traité » après en avoir décrypté les ressorts;réclamé une série de mesures fortes et notamment une refonte des missions de la Banque centrale européenne et le « contrôle public des banques »; et exigé des consultations populaires par voie de référendum sur le traité en question. Une fois encore,le groupe GUE a sauvé l’honneur de la gauche au Parlement européen.Sa composante française s’appelle le « Front de Gauche. »

16 février 2012 at 12:34 3 commentaires

LES TROIS « AXES DE BATAILLE » DU PARTI DE LA GAUCHE EUROPEENNE

Mais dans quel monde vivent les dirigeants de l’Union européenne!La Commission Barroso tout d’abord:le déficit public de la Belgique risquant d’être cette année de…3,1% (des richesses produites),soit de 0,1% supérieur à la limite imposée par le pacte de stabilité, le gouvernement a été sommé de geler immédiatement 1,2 milliard de dépenses publiques, mesure qui s’ajoute à la baisse des allocations-chômage,à la réforme du système des retraites et à une série de privatisations!

Le Conseil (représentant les gouvernements),ensuite: sa nouvelle présidente par rotation (de janvier à juillet 2012),la Première ministre ,social-démocrate,danoise,a décrété, à peine arrivée,que la crise actuelle était avant tout une « crise de discipline ». Son pays, bien qu’il n’ait pas adopté l’euro,soutiendra donc à fond le projet de nouveau traité de « discipline budgétaire »!

La Banque centrale européenne (BCE), enfin: elle vient de prêter près de 500 milliards  aux banques de la zone euro au taux de 1% sans aucune condition d’utilisation. Résultat: cette manne colossale n’a pas servi à relancer l’économie ni à promouvoir l’emploi. Les banques l’ont tout simplement déposée en lieu sûr…auprès de la BCE pour assurer leur propre avenir! Rappelons que celle-ci se refuse toujours à prêter de l’argent, dans les mêmes conditions, directement aux Etats eux-mêmes pour les libérer de la domination des usuriers du marché financier.

Ce fossé entre les dogmes de l’Europe actuelle et les réalités vécues par les peuples est aujourd’hui si béant que des voix s’élèvent, y compris parmi les hommes du sérail,pour alerter qui de droit sur l’exaspération des populations et crier au feu. Ces jours-ci, Mario Monti lui-même,l’ancien commissaire européen libéral devenu Président du Conseil italien pour « rassurer les marchés »,s’est fendu d’une mise en garde publique à son amie Angela Merckel et à son compatriote Mario Draghi,le nouveau président de la BCE: » Si les Italiens ne voient pas,dans un avenir proche,de résultats tangibles (des lourds sacrifices qu’il leur impose)-a-t-il déclaré au quotidien allemand « Die Zeit » (11/1/2012)- un mouvement de protestation contre l’Europe va voir le jour en Italie, dirigé aussi contre l’Allemagne vue comme l’instigatrice de l’intolérance de l’Union européenne, et contre la Banque centrale européenne. »Qu’en dit le fidèle second de la Chancelière de fer?

C’est dans ce contexte explosif que le Parti de la Gauche Européenne (PGE) s’est réuni le week-end dernier à Berlin sous la présidence de Pierre Laurent et a défini trois « axes de bataille » pour toute la prochaine période.

En premier lieu, des initiatives d’information et de mobilisation seront engagées contre la ratification du nouveau traité européen en cours d’élaboration. En deuxième lieu,une « convention européenne pour l’alternative » sera organisée fin mars.Elle visera à faire converger le plus de forces possibles pour opposer à la politique européenne actuelle une logique profondément nouvelle.En troisième lieu, le lancement d’une « initiative citoyenne européenne » visant à collecter un million de signatures (en faveur de la création d’une sorte de banque publique européenne dont la mission exclusive soit de prêter de l’argent aux Etats à un taux très faible,à la CONDITION EXPRESSE que ces crédits servent au financement de projets précis de développement social et de solidarité) va pouvoir se concrétiser dès que cette nouvelle disposition entrera en vigueur, vraisemblablement au mois de mai. Travailleurs de tous les pays…

19 janvier 2012 at 2:56 Laisser un commentaire

UNE INITIATIVE SYNDICALE EUROPEENNE PROMETTEUSE

Les premiers dirigeants de huit des principales organisations syndicales d’Europe occidentale viennent de publier un texte commun consacré à ce qu’ils appellent fort justement « la très grave crise POLITIQUE (souligné par moi FW) de l’Union européenne. « Cette initiative exceptionnelle m’apparait significative de la politisation accélérée du débat public sur les enjeux européens dans nombre de sociétés en général et dans le monde du travail en particulier. Elle est, par là même,prometteuse pour le combat si crucial pour la transformation en profondeur de l’Union européenne.

Certes, individuellement,certains des signataires de ce document n’ont pas attendu cette occasion pour critiquer sévèrement le modèle libéral européen, à plus forte raison sa dérive actuelle.De même, la Confédération européenne des syndicats a parfois eu des mots légitimement durs à l’encontre de certaines « réformes » européennes, tel le sinistre « pacte pour l’euro plus ». Mais là, il s’agit d’autre chose,puisque des appréciations (très pertinentes) sur cette « crise politique »,tout comme des exigences de changements plus que bienvenues -notamment celle d’ « une nouvelle politique monétaire,économique et sociale » en Europe,incluant des transformations institutionnelles majeures, en particulier en ce qui concerne le coeur de l’actuelle zone euro,à savoir la Banque centrale européenne- engagent cette fois personnellement et ensemble des personnalités représentant un éventail syndical européen englobant la CGT et la CFDT, les syndicats laïques et chrétiens belges, les deux grandes centrales espagnoles, la CGIL italienne et la puissante fédération allemande DGB !

On trouvera certaines formulations trop générales ou telle proposition discutable. La belle affaire! L’important est ,à partir de la nouveauté que représente cette démarche, d’ouvrir un débat à la fois franc,respectueux et constructif avec les travailleurs qui se reconnaissent dans les grandes lignes de ce papier. Celui-ci comprend un grand nombre de sujets qui invitent à l’échange d’idées. Par exemples: « Comment a-t-on pu en arriver là? » s’interrogent les signataires,en pointant fort opportunément la « responsabilité des dirigeants politiques des institutions européennes et des principales nations ».Voilà qui mérite effectivement débat! Il en va de même avec le constat que font les auteurs de ce texte que les politiques menées (« réformes structurelles », »gouvernance économique »…) ont « échoué » et provoqué un « désenchantement profond », ou encore celui que les « institutions européennes » et les nations concernées sont « en train de briser le pacte social (qui était à la base du) projet commun qui a abouti à l’UE ». Voilà qui appelle de profonds changements! Rien de plus actuel que d’en discuter les contours et la portée.

Les auteurs du texte semblent inscrire leur démarche conjointe dans la perspective d’une révision du traité. Non pour y graver dans le marbre le super-pacte de stabilité programmé par les actuels dirigeants européens! Mais au contraire pour faire du social « le ciment de l’UE »,pour « en finir avec les mécanismes spéculatifs et garantir les capacités financières de tous les Etats »,ainsi que pour que la démocratie et la participation des citoyens « y prennent toute leur place ». Nous parlons,quant à nous,de « refondation »de la construction européenne. Quelles convergences?Quelles différences? Quelles questions encore ouvertes? Que le dialogue s’engage !

15 décembre 2011 at 10:11 1 commentaire

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