Posts filed under ‘Francis Wurtz’
NOUVELLE DONNE AU PROCHE-ORIENT!
Enfin de bonnes nouvelles de Palestine! On sentait depuis quelques temps Mahmoud Abbas manifestement décidé à tirer les leçons de l’autisme des dirigeants israéliens et de la capitulation de la Maison Blanche face à Netanyahou. Le Président de l’Autorité palestinienne et son brillant Premier Ministre, Salam Fayad, ont bel et bien repris l’initiative. En sortant enfin d’un statu quo intenable et humiliant, ils ont surpris tout le monde et placé tant Israël que le « Quartet » (USA, Union européenne, Russie et ONU) devant leurs responsabilités. Déjà, ils avaient fait le choix stratégique de porter devant les Nations Unies, en septembre prochain, la demande de la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien dans les frontières de 1967. Il vient de s’y ajouter cet accord de « réconciliation » totalement inattendu entre le Fatah et le Hamas, prévoyant la formation d’un gouvernement transitoire et la préparation, pour dans un an, d’élections présidentielles et législatives.
Comment un tel résultat a-t-il pu être obtenu alors même que les divergences sont – et demeurent – très profondes entre les deux principaux courants du mouvement palestinien? Voilà encore une manifestation du « printemps arabe », et en particulier un nouvel « effet place Tahrir ». Le 12 mars dernier, les jeunes Gazaouis étaient descendus massivement dans la rue pour exiger la réunification du peuple palestinien. Dès le lendemain, le Président Abbas avait saisi la balle au bond, se déclarant prêt à se rendre à Gaza « dès demain ». Le Hamas, en perte de vitesse, ne put ignorer la montée de cette exigence de rapprochement. Son leader, Khaled Mechaal, réfugié en Syrie, est également rendu plus enclin au dialogue par l’instabilité croissante du régime à Damas. Les nouvelles autorités égyptiennes, de leur côté, entendent montrer leur capacité à faire bouger une situation bloquée sous leur prédécesseur. Dans ce contexte, l’improbable est devenu réalité. Un nouvel espoir est né.
Attention, cependant, à ne pas sous-estimer les énormes pressions en cours, visant à faire échouer le plan palestinien! Israël fulmine. Netanyahou s’apprête à prononcer un discours vengeur devant…le Congrès américain, à l’invitation du Parti Républicain – ce qui ne manquera pas de peser sur la position d’un Obama déjà peu enclin à résister aux pressions dans ce domaine. Shimon Pérès annonce la couleur: « le monde ne peut pas soutenir l’établissement d’un Etat en partie gouverné par une organisation terroriste ». Peu lui importe qu’il ait été clairement annoncé que le gouvernement palestinien de transition ne comprendra que des « experts » affiliés à aucun parti. Heureusement, d’autres voix s’expriment-elles en Israël, en faveur d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 – et parmi elles, celle de 17 personnalités lauréates du « Prix Israël », la plus haute distinction culturelle et scientifique du pays.
Quant à l’Union européenne, à l’heure où ces lignes sont écrites, elle n’a pas pris position sur cette nouvelle donne au Proche Orient. Rappelons le précédent de 2007: déjà le président Abbas, grâce au prestige de Marwan Barghouti, prisonnier des Israéliens, auprès de la jeunesse palestinien, avait réussi à mettre sur pied un gouvernement d’unité nationale. L’Union européenne refusa de le reconnaitre, contribuant au tour dramatique que prit la situation dans la région. Saura-t-elle tirer les enseignements de cette erreur fatale et jouer, cette fois, le rôle qu’on attend d’un grand acteur mondial en faveur de la justice et de la paix?
Sortir de l’Euro ? Ma réponse à un lecteur
La publication du programme économique de la candidate du FN a relancé le débat sur la « sortie de l’Euro », voire « de l’Europe ». Un lecteur m’interpelle : « Changer l’Europe, c’est flou et lointain ; sortir de l’Euro, c’est clair et immédiat. Allons-nous laisser Marine Le Pen grimper dans les sondages ? Un pays comme la France n’est pas voué à dépendre du bon vouloir de Bruxelles. » Je suis d’accord sur un point : « changer l’Europe » ne doit en aucun cas rester un slogan « flou et lointain », mais devenir un objectif de luttes très concrètes, dès aujourd’hui ! Car s’ils laissaient s’accentuer la dérive populiste qui menace, les artisans du « non de gauche » à l’ex-traité constitutionnel européen se laisseraient voler un acquis essentiel de leur succès éclatant de 2005 : l’expression conjointe d’une opposition radicale à l’« Europe libérale » et d’un engagement résolu pour une « Europe sociale » –clouant au sol et les inconditionnels de l’UE et les anti-européens d’extrême droite. A l’opposé de tout repli nationaliste, illusoire et dangereux, les progressistes se doivent d’opter pour un combat solidaire, en convergence avec les millions d’Européennes et d’Européens confrontés aux mêmes problèmes et intéressés aux mêmes transformations.
Mais je veux répondre aux deux remarques de mon interlocuteur. D’abord, il n’y a pas de lien mécanique entre la montée de l’extrême-droite et sa position sur l’Euro. Ainsi, la poussée récente des partis nationalistes en Europe touche des pays comme la France, les Pays-Bas, la Belgique, l’Italie, l’Autriche ou la Finlande – membres de la zone Euro. Mais ce phénomène se manifeste tout autant en Grande-Bretagne, au Danemark, en Suède, en Lettonie, en Hongrie, en Bulgarie – extérieurs à la zone Euro, ou en Norvège et en Suisse non membres de l’UE du tout. Quitter l’Euro ou l’UE ne « règlerait » donc pas les problèmes – réels et profonds !– qui poussent une grande partie de cet électorat dans la désespérance et le désarroi politique. Quels changements promouvoir dans et hors l’UE : voilà la question.
Dans le cas de la France, est tout aussi inexacte l’idée selon laquelle « Bruxelles » nous dicterait la conduite à tenir, et que, dès lors, se libérer de cette tutelle nous ouvrirait en soi une perspective de changement dans notre pays. On ne le sait pas assez : la « classe dirigeante » française occupe des postes-clé dans l’actuelle construction européenne. C’est, symptomatiquement, à un ancien Président français, Valéry Giscard d’Estaing, que les dirigeants européens ont fait appel pour rédiger le projet de Constitution qui a conduit au traité de Lisbonne. L’actuel président du plus puissant groupe du Parlement européen, le PPE (droite) est un Français (Joseph Daul). Le Commissaire européen chargé du porte-feuille-vedette, le marché intérieur et les services, notamment financiers (Michel Barnier), est Français. Le Secrétaire général du Conseil, qui pilote les travaux des représentants des 27 gouvernements (Pierre de Boissieu) également, tout comme le Secrétaire général du Service d’Action Extérieur Européen, le « Quai d’Orsay » européen (Pierre Vimont). Sans oublier l’ineffable Jean-Claude Trichet, le très puissant Président de la Banque centrale européenne ! Et bien sûr Nicolas Sarkozy lui-même auprès de ses alliés privilégiés : Angela Merkel pour l’hyperaustérité et David Cameron pour la guerre humanitaire… Quelle meilleure illustration du lien indissociable des dimensions nationale et européenne (et internationale) de la lutte pour un vrai changement ? La question n’est donc pas de « sortir de l’Europe », mais bien de changer de structures et d’orientations tant à Bruxelles (et Frankfort) qu’à Paris.
LE PGE, COMME SI VOUS Y ETIEZ !
Le week-end dernier s’est tenue à Budapest une importante réunion du « Bureau exécutif » du Parti de la Gauche Européenne (PGE). Depuis son congrès de décembre 2010,qui avait porté à sa présidence le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, c’était la deuxième fois que se rencontraient ainsi les représentantes et représentants de la trentaine de partis progressistes, communistes ou « rouge-vert » qui composent, comme membres ou observateurs, cette organisation confédérale. Comment se déroule cette coopération originale? De quoi est-il question durant ces journées de travail? Quelles suites sont-elles décidées ?Visite au cœur du PGE…
D’abord, tout le monde se retrouve le premier jour à 14 heures dans une
salle, équipée pour l’occasion de cabines d’interprétation. L’ambiance
est cordiale. On est heureux de se retrouver et de travailler
ensemble. Cette fois, c’est au tour de nos amis hongrois -dont le pays
préside l’Union européenne durant le premier semestre 2011- de jouer
le rôle d’ « amphytrion ».Ils animent une formation politique modeste
mais courageuse, dans un contexte marqué par un profond désarroi de la
population (déçue par le bilan calamiteux de l’ex-gouvernement PS) et
la victoire d’une droite extrémiste, qui vient de changer la
Constitution du pays pour la placer dorénavant sous le signe de Dieu
et de la « Sainte Couronne » et y supprimer toute référence…à la
République! D’emblée est convenu un double acte de solidarité du PGE
à l’égard de son partenaire hongrois -une conférence de presse
commune ainsi que la participation à une cérémonie en hommage aux
victimes du régime fasciste qui a dirigé le pays jusqu’en 1944- tant
l’actualité confirme que « le ventre est encore fécond d’où est
sortie la bête immonde »…
Puis Pierre Laurent ouvre les travaux par un rapport circonstancié sur
la situation en Europe et dans le monde: le « Pacte pour l’Euro »; le
défi énergétique que nous lance la catastrophe de Fukushima; les
bouleversements en cours dans le monde arabe; les impasses des
interventions militaires en Libye et en Côte d’Ivoire. Et les tâches
du PGE dans ce contexte. En particulier celle de contribuer à une
véritable « contre-offensive » pour faire échec au « pacte » Merkel-
Sarkozy et de faire grandir une triple exigence: une réorientation
complète des politiques européennes – à savoir, priorité au
développement social-; des mesures mettant en cause la toute-puissance
des marchés financiers; enfin la démocratie, l’implication des
peuples, des citoyens ,des acteurs sociaux dans
l’élaboration, l’évaluation et le contrôle des politiques
européennes. La discussion s’engage à partir des expériences de
chacun -à commencer par celle du peuple grec dont le Président du
parti Synaspismos, Alexis Tsipras, vice-président du PGE traite avec
gravité. Une déclaration substantielle est unanimement adoptée le
lendemain pour faire connaitre les analyses et propositions communes
du PGE sur ces enjeux.
Cette jeune organisation (créée en 2004) commence enfin à se rendre
visible: depuis le début de l’année, es réunions publiques se
succèdent: Porto, Athènes, Milan, Paris (le 3 mai prochain),puis
Sophia, Madrid, Prague, Berlin…Le PGE a été présent au Forum social
mondial de Dakar. Des rendez-vous sont pris avec les syndicats
européens. Une nouvelle « Université d’été » se tiendra en Italie en
juillet. Une dynamique s’engage. Deux jours durant, les accents
d’Alexis, Elsa, Yannis, Marisa, Claudia, Jean- François , Waltraut, Christine , Attila, Maïté,
Margarita,Rénato,Helmut,Natassa,Céline,Diether,Grigore,Jiri,Tony…se
sont mêlés en faisant vivre une idée de l’Europe comme on l’aime.
Bonne continuation au PGE!




Commentaires récents